Photo_Fond

Exercice de la psychanalyse avec Jacques Lacan

Atelier/Forum


Fecha próxima

2 noviembre 2020 - Nantes

                                                                         « Allô Lacan ?

                                                      – Certainement pas. »

En 1966, Lacan boucle l’« Ouverture » des Écrits par ces mots souvent cités : « … amener le lecteur à une conséquence où il lui faille mettre du sien ».[1] Il vient d’exposer ce qu’il entend à ce moment-là par « mettre du sien » à partir de la question du style, à vrai dire de son propre style dont on lui fait procès : « le style c’est l’homme-même », reprend-il de Buffon, et il ajoute « l’homme à qui l’on s’adresse ». Dans ces deux pages, Lacan lui-même désigne le « style », non comme un art annexe, mais comme le lieu où le sujet « se vérifie », écrit-il encore. Et donc ajouter « l’homme à qui l’on s’adresse », c’est indiquer Lacan analyste. Un style, non sans impertinence ? Le mot est dans le texte.

Jean Allouch[2] recueille au fur et à mesure des sortes d’instantanés avec Lacan, dont il pressent l’intérêt et la valeur et il en fait un livre. Il les nomme bons mots, puis impromptus. Ce sont de courtes scènes de forte intensité émotionnelle, racontées par les protagonistes (sauf Lacan), ou simplement par des témoins directs, à d’autres qui sont en général dans des positions similaires : autres analysants, analystes en contrôle, assistants à son séminaire, à ses présentations de malades, membres de son école, soit son Publikum[3]: Jean Allouch s’abstient d’y ajouter des interprétations ou des commentaires hormis parfois le clin d’œil d’un titre. Mais avec le passage de l’oral à l’écrit, ce qui n’est pas toujours un mot d’esprit au départ (ni pour l’analysant ou autre ni pour celui qui est en face) tend à le devenir, sans toujours y parvenir : c’est l’espace, peut-on lire dans l’introduction, du bon mot. Le glissement vers le mot d’esprit se réalise par un déplacement de l’énonciation et aussi par celui d’un public avide d’entendre : le Publikum de Lacan là où « il court, il court le furet… », et Jean Allouch qui l’attrape et se réjouit de le délivrer par l’écriture (3 éditions), puis les lecteurs : nouveau public trois ans après la mort de Lacan ; ensuite nous-mêmes à qui cette collection s’adresse encore ; et plus que jamais, 40 ans après, un tel enseignement ici nous regarde.

Un certain nombre de raisons ont guidé notre choix d’utiliser le recueil de ces « 543 bons mots » pour servir de base de départ à l’atelier/forum, en voici quelques-unes :

– le mode d’écriture place le lecteur en action pour authentifier ce qui se passe ;

– le rapport de ces impromptus à l’acte analytique

– les témoins directs, disséminés par la suite, sont de tous horizons…

– le nombre important des témoignages autorise la répétition et fait saillir des positions de Lacan ;

– l’anonymat extrait les transferts, dont ce n’est pas l’objet du livre de s’y arrêter, tout en les laissant manifester leur présence ;

– mais, ce faisant, il souligne un autre transfert qui lui est « collectif ». Une énigme. Comment cela s’est-il produit ?

– on voit par de très nombreux exemples comment Jacques Lacan met en continuité/discontinuité la cure, le contrôle, le séminaire, les présentations de malades et l’École… Psychanalyse en intension et en extension, disait-on. Une invention ? Quelle direction menait Lacan à cette praxis ?

– Et quel rapport y a-t-il entre « mettre du sien » et le « Allô Lacan ? – Certainement pas », exemple du livre dont Jean Allouch fait le titre de son second recueil ?

– Ce recueil tranche au regard d’un pli un peu obligé qui amène les psychanalystes à commenter et développer les textes de Freud et de Lacan (inventeurs) et les pousse du côté de l’université en dépit qu’ils en aient. Mènent-ils ainsi le discours à saturation et à son épuisement ? La direction s’inverse ici. Le lecteur est mis dans la situation active de chercher où est l’enseignement. Bouffée d’air.

– La question du « soulèvement » issue du questionnement de Foucault rapportée à l’analyse, traverse l’affaire. Il semblait naturel d’étudier ce qui a pu soulever l’univers de la psychanalyse avec Lacan. D’où en vint le souffle ?

Il y a beaucoup de témoignages issus d’écrits des analysants de Lacan. Nous pourrons envisager d’en lire quelques-uns à la suite, selon l’intérêt qu’ils présentent auprès des participants de l’atelier.

Bibliographie

Freud Sigmund, Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, Paris, Gallimard, 1992.

Allouch Jean, Les impromptus de Lacan, 543 bons mots recueillis par Jean Allouch, Paris, Fayard, Les Mille et une nuits, Paris, 2009.

Allouch Jean, Transmaître, Paris, Epel, 2020.

Arnoux Danielle, 132 bons mots avec Jacques Lacan/ Jean Allouch.  Fama volat. Apertura Revue. Le trait d’esprit et l’interprétation psychanalytique. Paris. SpringerVerlag 1990. Voir sur le site divernantes.fr

Jacques Lacan, Le transfert, dans sa disparité subjective, sa prétendue situation, ses excursions techniques. Version stécriture, PDF. Site internet ecole-lacanienne.net

Patrick Chambon, Lacan Ô Banquet de Platon, Paris, Toulouse, 2016.Revue Littoral, n° 17, Paris, Epel.

Le Gaufey Guy, Le cas en psychanalyse. Essai d’épistémologie Clinique. Paris, Epel, 2020.

Revue Littoral, n° 17, Paris, Epel. Voir sur :  ecole-lacanienne.net

[1] Jacques Lacan, Écrits, Paris, Seuil, 1966, p.10.

[2] Première édition : 132 bons mots avec Jacques Lacan, Toulouse, Erès, 1984. Deuxième édition : Allô Lacan ? – Certainement pas. Paris Epel 1998.  Troisième édition, celle qui est la plus complète : Allouch Jean, Les impromptus de Lacan, 543 bons mots recueillis par Jean Allouch, Paris, Fayard, Les Mille et une nuits, 2009.

[3] Publikum, en allemand, est un public choisi contrairement à l’Öffentlichkeit, le public quelconque. Freud écrit à Fliess, le 30 janvier 1899 : « J’ai besoin de toi comme Publikum. » Voir l’analyse de ces termes dans l’article de Mayette Viltard, « Les publics de Freud », dans la revue Littoral N°17 Action du public dans la psychanalyse, disponible sur le site Epel-edition.com

Todas las fechas


  • 5 octubre 2020

    2 noviembre 2020

    30 noviembre 2020

    7 deciembre 2020

    4 enero 2021

    18 enero 2021

  • 1 febrero 2021

    15 febrero 2021

    15 marzo 2021

    29 marzo 2021

    19 abril 2021

  • 17 mayo 2021

    31 mayo 2021

    7 junio 2021

    21 junio 2021

    5 julio 2021

INFORMACIONES COMPLEMENTARIAS


Nantes, 42 rue des Hauts-Pavés,

Salle A     20 h 30

Les 5 octobre, 2 et (30 ?) novembre, 7 décembre 2020, 4 et 18 janvier, 1er et 15 février, 15 mars, 19 avril, 17 mai, 7 et 21 juin, 5 juillet 2021.