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Rencontres – débats – Nantes

Film


Prochaine date

26 Mai 2018 - Nantes

Migrations  –  Créolisation

Le « tout monde » où en est-il ?

Projection du film

Carthage-Edouard Glissant

de Jean-Denis Bonan, en présence du réalisateur,

de Pascale Ruffel, auteure de

Les ancêtres ne prennent pas l’avion

Lectures d’Henri Mariel, comédien

Image : Jef Aérosol, Envolée de papillons.

ELPsychanalyse-Nantes@free.fr 

Entrée 10 € et tarifs réduits pour qui ne peut cette participation aux frais.

Salle Coligny, Place Édouard Normand, sous le Temple.

Nantes, Salle Coligny, à 14h30.

Toutes les dates


  • 26 Mai 2018

Argument


Rien n’est vrai, tout est vivant.

 Édouard Glissant

 

Édouard Glissant énonce à Alexandre Leupin : « Aujourd’hui, et en marge des luttes concrètes et dures des peuples dominés, nous disposons collectivement de la possibilité d’essayer de dépasser la condition d’opprimé, de colonisé, [de déplacés],  en provoquant une autre vision du monde, pour moi, une poétique de la Relation. Nous inventons par là d’autres modes de réseaux, un autre rapport à l’Autre. Peut-être d’autres élans d’amour ? » Des réseaux qui ne soient pas « sur le principe même que l’Occident avait formulé de l’identité comme racine unique ».

Depuis Carthage, lieu de multiplicité du divers, détruite par les Romains en 146 av. JC, Jean-Denis Bonan, met en scène une sorte de rêverie à voix haute d’Édouard Glissant sur ce que ce dernier nomme le « tout monde ». Jean-Denis Bonan, un cinéaste de grand talent, a été victime de la censure en 1967 et 1968 pour ses premiers films, autorisés à la diffusion depuis 2015 seulement. Dans le documentaire Carthage Édouard Glissant, il dévoile le style unique de l’écrivain: la répétition et le ressassement dont  ce dernier dit qu’ils «  l’aident à fouiller ». Ainsi, à partir d’une position schizophrénique assumée, celle qui est issue des drames historiques et des arrachements, le philosophe-poète crée. Il « créolise ». Son exemple est créolisation en acte.

Aussi, c’est avec joie que nous accueillons, à Nantes, la publication du livre de Pascale Ruffel, Les ancêtres ne prennent pas l’avion, qui est peut-être une créolisation avec la psychanalyse-côté psychanalyse, comme le dit Jean Allouch. Pascale Ruffel, reçoit des « réfugiés » dans un centre d’hébergement et d’accompagnement. Dans son livre, elle part d’elle-même, de son amour de la sonorité des mots depuis l’enfance. Elle ne fait pas de psychopathologie, ni d’ethnopsychiatrie. Elle reçoit des gens dont elle ne possède pas la langue, ni eux la sienne. Ils disent leurs vies, et  les langues se délient, et les corps bougent et l’on sent toujours ou presque (pas dans « la robe rouge ») que la joie frissonne se séparant du drame sans l’effacer. Cette pratique et cette écriture, loin de l’usage des catégories de la vie moderne, semble bien se rapprocher d’une poétique de la relation qu’évoque Glissant.

Bibliographie :

Édouard Glissant, avec Alexandre Leupin, Les entretiens de Bâton rouge. Paris, Gallimard, 2008.

Édouard Glissant, Philosophie de la relation, Paris, Gallimard, 2009.

Édouard Glissant, Tout-Monde, 1995. .. Et toute de l’œuvre qui est vaste.

Pascale Ruffel, Les ancêtres ne prennent pas l’avion. Nantes, joca seria, 2017.

Jean Allouch,  L’amour Lacan, Paris, Epel, 2009.

Michel Foucault, La Volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976.

Gilles Deleuze et Guattari, Mille Plateaux, Capitalisme et Schizophrénie. Paris, Minuit, 1980.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation. Paris, PUF.

Filmographie :

Jean-Denis Bonan, La Femme bourreau 1968, DVD.