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Débat avec Sandra Boehringer autour de son livre « La sexualité antique, une histoire moderne »

Debate


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11 June 2025 - Paris

Avec Sandra Boehringer

Intervenants :
Claude Calame et Niki Kasumi Clements

Discutants :
Marie-Caroline Heimonet, Yan Pélissier et Gonzalo Percovich

Avec la participation de François Cognard pour les lectures

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  • 11 June 2025

Argument


Débat avec Sandra Boehringer autour de son livre

La sexualité antique, une histoire moderne

Intervenants :
Claude Calame et Niki Kasumi Clements

Discutants :
Marie-Caroline Heimonet, Yan Pélissier et Gonzalo Percovich

Avec la participation de François Cognard pour les lectures

 

Non pas passer les universaux à la râpe de l’histoire mais faire passer
l’histoire au fil d’une pensée qui refuse les universaux.
Quelle histoire alors ?
Michel Foucault, notes de travail 1980
Cité par S. Boehringer, p. 329

 

Une histoire de l’histoire de la sexualité antique n’avait jamais été faite. Sandra Boehringer nous la livre. Non pas sous la forme de ce qui aurait simplement pu être un savant et minutieux état de l’art, mais au travers d’une véritable épopée.

L’épopée commence sur un terrain de combat avec des chercheurs de la fin du XIXème et du début du XXème siècle (d’abord un juriste, Kart Heinrich Ulrichs, puis Peter Brandt alias Licht, Otto Kiefer, Moritz Meier alias Hérelle, Heinrich Hössli et d’autres) qui vont s’engager, certains de façon militante et parfois sous un pseudo, pour prouver que ledit « amour grec » appartient bien à la nature humaine, en se référant de fait bien moins à la sexualité antique qu’à celle de leur époque. Fondement prétendu et mythifié de notre civilisation, la Grèce vient servir de point d’autorité, notamment à l’égard des antiquisants que cette « pédérastie » embarrassait ou rebutait.

C’est une épopée qui va changer de nature à partir de la fin des années 70. D’abord avec Kenneth Dover qui dans Greek Homosexuality montre que cet erôs masculin homosexuel n’est jamais condamné par les Grecs en tant que tel. Ce que dans l’Athènes classique on ne peut admettre c’est qu’un citoyen déroge à son rôle social en se prostituant et particulièrement de façon passive. Ensuite avec Paul Veyne qui, dans son article « La famille et l’amour sous le Haut-Empire romain », va réellement commencer à déplacer le terrain. Anticipant sur Michel Foucault, il va par exemple affirmer que « l’hétérosexualité est un choix culturel », sans toutefois aller jusqu’à interroger des catégories comme masculin/féminin qui vont rester un donné, donc un impensé. L’autrice montre alors avec Foucault comment ces catégories que l’on concevait comme universelles demandent à être pensées comme différentes à travers le temps. Ainsi la notion même de sexualité n’est pas un invariant, une donnée supra-historique, mais bien un dispositif dépendant de l’histoire.

En nous guidant par les méandres de cette épopée, l’immense réussite du livre de Sandra Boehringer est de nous rendre concrètement palpable ce dire de Foucault et montrer que ladite « sexualité antique » constitue une part du dispositif moderne de sexualité.

 

Mercredi 11 juin à 20h30

Local de l’École lacanienne de psychanalyse,
212 avenue du Maine
75014 Paris
Code 1347A
Interphone 46
2ème étage

Participation souhaitée : 15 €

Sandra Boehringer, La sexualité antique, une histoire moderne, Paris, Ed. EPEL, 2025

Crédits de l’image : Aline Mathy