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ENTRElangues: croisements et disparités

Colloque


Dernière date

18 Avril 2026 - Asunción

Proposé par :
• Claroscuro – cuadernos de psicoanálisis
• EPEL
• JOPARa psicoanálisis y otras yerbas – gaceta digital
• Opacidades – revista de psicoanálisis

Toutes les dates


  • 17 Avril 2026

    18 Avril 2026

Argument


Colloque

ENTRElangues: croisements et disparités

Asunción – Paraguay, 17 et 18 avril 2026

Impulsées par des membres résidant dans différentes zones géographiques et pratiquant différentes langues, soutenues par la production théorique et éditoriale d’ouvrages qui en balisent le champ – comme, en amont, Lettre pour lettre (1984) de Jean Allouch –, les questions d’établissement de textes et les modalités d’accueil dans d’autres langues des textes et séminaires de Freud et de Lacan ont fait l’objet d’importants travaux au sein de l’école lacanienne de psychanalyse depuis sa fondation en 1985.

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Le colloque ENTRElangues : croisements et disparités fait fond sur sa localisation au Paraguay, qui a la particularité d’être le seul pays d’Amérique latine à posséder deux langues officielles[1], le guarani et l’espagnol. Le bilinguisme, connu sous le nom de «résistance de la langue»[2] depuis l’époque coloniale, y a fait l’objet de nombreuses recherches dans divers domaines.

Dans ce bilinguisme –qui n’est pas seulement linguistique, mais aussi politique, historique et affectif–, l’expérience de l’entre s’impose dans la vie quotidienne. La complexité que suppose le recoupement de deux champs sémantiques dans un espace culturel diversifié, où les deux langues sont très différentes l’une de l’autre, intègre la question de la traduction ; pourtant, au passage du guarani à l’espagnol, on se heurte à de l’intraduisible, le jopara[3]: un choc de langues.

Un tel processus permet de définir le guarani du Paraguay comme une langue malléable, manifestant sa capacité non pas d’absorption, mais d’adaptation, d’innovation culturelle: un mélange de langues qui détermine la façon de parler des Paraguayens. Ce mélange donne lieu à des expressions populaires et plurielles, à un langage dynamique, transcursif et transculturel.

Le guarani, comme n’importe quelle autre langue, entre en résonance avec ce que Lacan a appelé lalangue, néologisme qui inclut le babillage, première trace de l’insertion de chaque sujet dans le langage.

L’entre, passage impossible où murmure lalangue, nous situe comme habitant l’entrelangues : nous sommes au mi-lieu là où «quelque chose se passe», dans cette «affaire commune» de l’ordre du chuchotement, du soupir, de la tonalité ou du rythme. L’entre est un littoral fait de littéral, quelque chose d’obscur et de marginal.

Ce qui se dit dans une analyse, qui s’écoule et se répand, entre bavardages et écoute, n’aurait-il pas à voir avec cette « affaire commune », point de subjectivation d’une jouissance et d’une équivoque, instillée par la langue dite maternelle ? Depuis Freud, « ça parle ». Et chez Lacan, cela devient lalangue : un point d’effacement non traduisible, mais transmissible.

Comment naviguer dans ce creuset de langues, non seulement à partir des textes canoniques, mais aussi littéraires et du langage quotidien, qui nous placent toujours entre traduction et croisement, mi-dire et moyen, pour établir ce qui, depuis lalangue, nous interpelle ?

 

Notes en bas de page :

[1] Le Paraguay est le premier État du continent américain qui reconnaît, pour la totalité desa population, le caractère officiel de sa langue indigène. Instauré par l’article 140 : Des langues, de la Constitution nationale (1992)
[2] David Galeano, linguiste, anthropologue et président de l’Ateneo (Cercle) de la Langue et la Culture Guarani du Paraguay souligne que « la langue guarani est restée vivante et indomptée en dépit des plus incroyables formes de pression et répression qu’elle a subi »
[3] Le mot « jopara » signifie mélange en guarani, dans toutes ces acceptions: bigarré, a moitié, confus, etc.. il fait référence au mélange du guarani et de l’espagnol

 

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Organisé par les éditions Claroscuro, EPEL, JOPARa et Opacidades, ce colloque nous invite à débattre de certaines des problématiques soulevées par l’entrelangues, susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives en psychanalyse.

 

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Bibliographie

• Allouch, J. (1984). Lettre pour Lettre, transcrire, traduire, translittérer. Edition revue et augmentée, Paris, EPEL, 2021, 426 p.
Claroscuro – Cuadernos de psicoanálisis (2023) Nro. 6, “¿Es o no es?” Montevideo, A–B ediciones.
Claroscuro – Cuadernos de psicoanálisis (2024) Nro. 7, “Cartografías Inéditas: Deligny y Lacan” Montevideo, A–B ediciones.
• Freud, S. (1901). Psychopathologie de la vie quotidienne, traduction Olivier Mannoni et Samuel Jankélévitch, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2022, 368 p.
• Freud, S. (1905) Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, traduction Denis Messier, Paris, Gallimard, Collection Connaissance de l’inconscient, traductions nouvelles, 1988, 448 p.
• Lacan J. (1975) Conférence à Genève sur le symptôme, Pas-Tout Lacan, https://ecole-lacanienne.net/wp-content/uploads/2016/05/1975-10-04.pdf
• Lacan J. (1971) Lituraterre, Pas-Tout Lacan, https://ecole-lacanienne.net/wp-content/uploads/2016/04/1971-05-12.pdf
• Lacan J. (1970). Radiophonie, Scilicet 2/3, Paris, Seuil, pp. 55-99.
• Lacan J. (1976-1977) L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre. Version bilingue de la école lacanienne de psychanalyse. Traduction: Leguizamón, G. Melegatti, M. Pérez, R. Capurro, Revisión: Capurro, R. (2013) : https://ecole-lacanienne.net/wp-content/uploads/2016/04/16-11-76-linsu.pdf
• Fontaine A., l’implantation du signifiant dans le corps, L’Unebévue – Revue de psychanalyse n°4, Une discipline du nom, Automne-hiver 1993, p. 81-100.
• Melià, B. (1997) El guaraní conquistado y reducido. Ensayos de etnohistorias. Asunción, Montoya.
Ñácate – Revista de psicoanálisis (2011) Nro. 3, “En el cristal de lengua”. Montevideo, elp.
Opacidades – Revista de psicoanálisis (2002) Nro. 2, “Entrelenguas”. Buenos Aires, elp.
Opacidades – Revista de psicoanálisis (2008) Nro. 5, “La primera impronta”. Buenos Aires, elp.
• Saffi, C. (2009), Resistencia de la lengua guaraní en la época colonial. Asunción, Intercontinental.
• Villagra-Batoux, D. (2016) El guaraní paraguayo: de la oralidad a la lengua literaria. Asunción, Servilibro.

 

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Dates et horaires : vendredi 17 avril (9h00-18h00) et samedi 18 avril 2026 (9h00-12h30)

 

Lieu : Gran Hotel del Paraguay (De la Residenta, 906)
https://granhoteldelparaguay.com.py

 

 

Organisent :
• Claroscuro – cuadernos de psicoanálisis
• EPEL Editorial
• JOPARa psicoanálisis y otras yerbas – gaceta digital
• Opacidades – revista de psicoanálisis

 

Intervenants :
Ginette Barrantes, Ma. Eugenia Escobar, Alejandra Gómez, Juan Carlos Piegari, Annick Allaigre, Ticio Escobar, Delicia Villagra-Batoux, Sergio Campbell, Verónica Diez, Elisa Ponieman, Paola Behetti, Karen Poe et Gabriel Meraz

 

PROGRAMA:

Viernes 17

Mesa 1 (9:00 – 11:00)

Las lenguas del bilingüe o « lalangue » del bilingüe? El jopara y su hacer en la lengua
Delicia Villagra

Raconto breve del trayecto de entrelenguas
Juan Carlos Piegari

Mesa 2 (11:00 a 13:00)

Más allá del lenguaje: estéticas paralelas
Ticio Escobar

Embarrar la lengua
Alejandra Gómez

Jopara, un concepto para las ciencias humanas y sociales
Capucine Boidin

Mesa 3 (15:00 a 17:00)

Guaraní: cultura de la palabra
Ma. Eugenia Escobar

Traducir: traicionar, pasar, tatuar
Annick Allaigre

Mi presencia lejana
Marie-Claude Thomas (Texto presentado por Annick Allaigre)

Mesa 4 (17:00 a 18:30)

Scherm o el fósil viviente que somos
Verónica Diez

Algunas junturas entre ciertas lenguas
Elisa Ponieman

Sábado 18

Mesa 5 (9:00 a 11:00)

La no-traducción como reescritura
Ginette Barrantes

Las lenguas del análisis
Paola Behetti

Mesa 6 (11:00 a 13:00)

El retorno de lo oprimido
Sergio Campbell

Silencio y susurro en el estilo tardío de Lacan
Gabriel Meraz

Entre la escritura y el dibujo. Hacia una interpretación de la espacialidad créole en
la novela Dezafí de Franketiénne (1975)
Karen Poe

 

 

Participation aux frais : 30 dollars (étudiants) et 40 dollars (professionnels)

 

Contact : [email protected] ; [email protected]

 

Crédits de l’image : Bjarne Fostervold, 2011