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Les grands classiques de l’érotologie moderne

Gay Shame
David M. Halperin et Valerie Traub (dir.)

EPEL éditions
420 pages, 28 €
978-2-35427-511-2
En librairie le 28 mai 2026.

 

Ce fut une Gay Pride comme il y en eut et il y en aura tant d’autres. Ils ont marché, joyeux, épuisés, puis se sont réunis à quelques-uns, quelque part, autour d’un verre. Un propos a alors été dit, on ignore par qui, on ne s’en soucie guère, qui les a amusés : « Et si maintenant on redevenait honteux ! » Il s’est ensuivi un mémorable colloque, publié aux États-Unis, maintenant traduit en français, à sa place dans la collection « Les grands classiques de l’érotologie moderne ».

La honte à l’encontre de laquelle s’élevait leur fierté n’est pas celle qu’ils allaient faire leur, ni même celle qui fut la leur et qui fut leur force de soulèvement ; entre ces deux hontes, on chercherait en vain un lien dialectique qui permettrait de les prendre ensemble dans une synthèse. Mais alors, de quelle honte s’agit-il ? On l’apprendra en lisant les diverses contributions de Gay Shame.

Jean Allouch

Mascarades masculines Genre, corps et voix dans l’Antiquité gréco-romaine
Maud Gleason, Nadine Picard (Traduction), Sandra Boehringer (Traduction), Florence Dupont (Postface)
EPEL 2013 / ISBN n°978-2-35427-027-8 / 328 p. / 40,00€.

Comment influencer et séduire un public ? Comment emporter l’adhésion des foules, conclure un discours sous un tonnerre d’applaudissements ? En Grèce et à Rome, on s’exerce aux techniques de la rhétorique et aux subtilités de la langue, mais ce n’est qu’un aspect des exigences de l’art oratoire : pour convaincre, émouvoir, charmer, il faut un corps et, surtout, il faut une voix.
Une voix profonde et masculine ? Pas forcément. Maud Gleason nous guide dans les assemblées, les tribunaux, les places publiques où officient les orateurs sophistes du monde gréco-romain. On y croise les stars de l’époque : Favorinus, à la voix chantante et à l’élégance féminine, fait vibrer aussi bien les hommes que les femmes ; Polémon, homme politique et déclamateur à la virilité affichée, « lit les visages » grâce à ses talents de physiognomoniste et débusque les efféminés qui s’ignorent comme ceux qui s’avancent masqués.
Mascarades masculines dresse une cartographie des systèmes de genre à la fin de la République et sous l’Empire : point d’identité de sexe naturelle, mais des corps et des voix construits, travaillés, formés, qui révèlent des logiques érotiques et sexuées fort différentes des nôtres.
Maud Gleason est professeur à l’Université de Stanford, où elle dirige le département des études classiques. Ses recherches portent sur les Grecs et leur culture dans l’Empire romain. Elle est l’auteur d’études portant sur la question du corps chez Galien et Jérôme, et a publié des nombreux travaux sur les questions de genre, de religion, d’identité et de mise en scène de soi.
Maud W. Gleason, Making Men: Sophists and Self-Presentation in Ancient Rome. Princeton: Princeton University Press. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sandra Boehringer et Nadine Picard.

L’impossible homosexuel Huit essais de théorie queer
Lee Edelman, Guy Le Gaufey (Traduction), David Halperin (Préface)
EPEL 2013 / ISBN n°978-2-35427-028-5 / 356 p. / 30,00 €.

Candidat à l’intégration sociale, l’homosexuel est devenu une figure du possible, un personnage respectueux et respectable, un citoyen normal. Lee Edelman fait bien plutôt valoir que, paria politique et social, emblème du gaspillage, de la non-productivité et du non-sens, l’homosexuel est nécessairement et fatalement impossible.
En présentifiant ainsi et pour tous l’impossibilité comme telle, il subvertit le privilège jusque-là réservé à l’hétérosexualité de s’ignorer elle-même.
L’œuvre d’Edelman a suscité la colère d’une droite homophobe tout autant que celle d’une gauche bien-pensante.
Lee Edelman est l’un des fondateurs de la théorie queer. Avec Gayle Rubin, Monique Wittig, D. A. Miller, Eve Kosofsky Sedgwick, Judith Butler, Teresa de Lauretis, Leo Bersani et Michæl Warner, il fait partie du petit groupe de critiques qui ont donné à la pratique des études gaies et lesbiennes son dynamisme théorique.
Sommaire

Préface, par David Halperin

Homographèse : identité corporelle et différence sexuelle
Voir des choses : la représentation, la scène de surveillance et le spectacle du sexe gai
Le bien pisser : Freud, Hitchkock et le pénis en miction
L’épistémologie des W.C.
La partie pour le t(r)ou : Baldwin, l’homophobie et la fantasmatique de la “race”
Le miroir et l’auto-mitrailleuse : sida, subjectivité et rhétorique de l’activisme
Le futur est un truc de gosse
Contre la survie : Hamlet et la blessure du nom